Jacques Tournier

Zelda

Grasset
168 pages
12,90 €
 

On connaît l’histoire d’amour intense de Zelda et Francis Scott Fitzgerald : mariage en 1920 entre un écrivain doué et une oisive originale ; naissance de leur fille unique Scottie en 1921 ; fêtes et excès durant une période faste, puis lui sombre dans l’alcoolisme et elle dans la schizophrénie. Tout cela est follement romanesque d’autant qu’ils se sont aimés jusqu’à la fin. Leur amour a résisté aux cris, aux douleurs, aux tromperies, aux jalousies, aux détestations. Un amour fou, donc, pour les autres, énigmatique.

Le 17 mars 1948 Zelda rejoint Scott au cimetière de Rockville, Maryland. Le soir même Scottie écrit à s grand-mère : Je suis heureuse que vous ayez consenti à ce qu’elle rejoigne mon père. Cela donne à la tragédie de leur existence une sorte d’unité classique (…) Maman était quelqu’un de si exceptionnel que si les choses avaient gardé cette perfection romantique qu’elles avaient à l’origine, sa vie aurait ressemblé à un conte de fées beaucoup plus qu’à une vie réelle. Plus tard elle fera graver sur la pierre tombale la dernière phrase de « Gatsby » : Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, renvoyés sans fin au passé. Jacques Tournier a traduit Gatsby le magnifique et Tendre est la nuit, deux romans de Francis Scott Fitzgerald. Il connaît bien les Fitzgerald : il a rencontré Scottie en 1986 et exploré l’intégralité de leur correspondance dont une partie est inédite en France. Il les raconte, non pas comme Gilles Leroy dans Alabama Song, prix Goncourt 2007, en les réinventant, mais au plus près, au plus vrai. Un livre sobre, plein de tendresse qui nous fait entendre la voix des Fitzgerald, raconte leur destin tout en préservant leur mystère.

En exergue, un extrait d’Accordez-moi cette valse de Zelda : - Bien sûr, David, mais c’est très difficile d’être deux personnes à la fois, l’une qui veut ne dépendre que d’elle-même, l’autre qui ne veut rien perdre de ce qu’elle trouve si agréable : être aimée, défendue, protégée.

Librairie La femme renard - Montauban, le 16 avril 2008