Vingt-quatre heures d’une femme sensible
Constance de Salm
Editions Phebus
189 pages
10,00 €
24 heures d’une femme sensible, Constance de Salm, Editions Phebus, 10€ Constance de Salm, c’est Constance de Théis, née en 1767, épouse du chirurgien Jean-Baptiste Pipelet, poétesse et tragédienne dont « Sapho » tragédie lyrique triompha au théâtre. C’est l’auteur de « L’épître aux femmes » qui la range aux côtés des défenseurs du droit des femmes, au moins dans le domaine des arts et de la culture. Devenue par son deuxième mariage la comtesse de Salm, elle tient salon et on rencontre chez elle l’élite intellectuelle de la nation. On y croise Stendhal et Alexandre Dumas. « Vingt quatre heures dans la vie d’une femme sensible » est le seul roman qu’elle écrira. Roman épistolaire qui en l’espace de vingt quatre heures, en quarante six lettres écrites par une héroïne éperdue d’amour et malade de jalousie à son amant qu’elle imagine dans les bras d’une autre, dit les émotions insensées de l’amour. Véritable petit bijou de finesse et de sensibilité, il nous dépeint les affres de la jalousie et les soubresauts d’un coeur qui doute, les élans de celle qui croit s’être méprise, les allers et retours entre la raison et les sentiments, la confiance puis le désespoir. C’est en virtuose des mots et en experte du coeur des femmes que Constance de Salm mène le lecteur absolument envoûté vers une fin qu’on ne vous dévoilera pas mais qui ravira les âmes tendres. Ce petit roman fut publié pour la première fois en 1824 chez Artus Bertrand et nous remercions chaleureusement Claude Shopp à qui l’on doit l’édition présente.
Par Françoise Folliot, (Librairie Le Square, Grenoble)
Ce roman épistolaire, publié en 1824, se propose de peindre la jalousie, non dans ses fureurs, mais dans les douleurs dont elle accable une âme ardente et sensible, en quarante-quatre lettres écrites dans un espace de temps limité, du mercredi à une heure du matin au jeudi à une heure du matin. Obsédée par l’image de son amant montant dans la calèche d’une autre jolie femme, l’auteur connaît vingt-quatre heures de doutes, de fièvre, de désespoir mais ressent aussi la petite jouissance qu’il y a parfois à souffrir. La raison engluée par la jalousie elle va aller jusqu’à pénétrer en douce dans le domicile de son amant. Unique roman de Constance de Salm (1767 - 1845), cette subtile variation sur la jalousie et ses affres est écrite dans la langue précise et frémissante de l’époque. Un joyau délicat et sensible.
Par jacques Griffault
Le Scribe - Montauban, le 16 décembre 2007