Jacques Jouet

Une mauvaise maire

Editions P. O. L.
125 pages
12 €
 

Les jeux de mots du titre et du nom de la protagoniste, Marie Basmati, donnent le ton de ce petit livre plaisant et acide. Marie Basmati est maire d’une ville de banlieue parisienne imaginaire.

Le lecteur suit avec intérêt la vie quotidienne de cette femme de gauche raisonnablement idéaliste, si l’on peut dire, et qui se coltine courageusement, jour après jour, un agenda chargé, des administrés plus ou moins râleurs, des colistiers parfois peu loyaux, un quartier « difficile », et des moments de vie privée. Le cadre du récit est celui des derniers mois d’une chiraquie à bout de souffle et de la bêtise ordinaire : « Je ne voudrais pas être à votre place, dit le cafetier, avec tout le monde, là, qui a son avis sur tout sans en connaître le plus petit bout, et critique ci et se plaint de ça… » avant d’ajouter : « Il reste que s’il y avait moins d’étrangers en France, on n’aurait pas toute cette inoccupation. Et si y avait pas autant de fonctionnaires, on paierait moins de taxes. » Un scandale pèse à son insu sur Marie Basmati, cette femme un peu trop confiante dans l’humanité et que son militant de mari délaisse pour de nobles causes.

L’humour de Jacques Jouet dont on connaît la participation aux Papous de France-Culture ne tombe jamais dans le sarcasme ou la lourde satire. Il accompagne subtilement un discret éloge de ces hommes et femmes politiques qui agissent loin des plateaux de télé. Un livre d’une grande justesse de ton qui parle subtilement de la France d’aujourd’hui.

Dominique Renard

Les Cordeliers - Romans sur Isère, le 5 mars 2008