Un sentiment d’abandon
Christopher Coake
Albin Michel, coll. Terres d’Amérique
291 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michel Lederer
21,50 €
Nouveau venu dans le paysage déjà fort bien loti de la littérature américaine, Christopher Coake n’arrive pas les mains vides. Ses nouvelles ressemblent tant à l’existence, elles épousent avec une pertinence telle les soubresauts de la vie, sa cruauté, la friabilité du bonheur, qu’on en ressent une sorte de gêne paradoxale, un plaisir pervers, un peu comme si nous nous présentions nus devant un parterre d’inconnus.Son écriture simple et minutieuse parcourt le bord de nos cœurs ébréchés avec l’attention d’un coroner. De pages en pages, ce « Sentiment d’abandon » détaille des abîmes de solitudes et d’amours mal ajustés. Christopher Coake nous heurte de plein fouet et nous caresse d’un même mouvement. Insoutenable et indéniablement beau, le premier livre de ce grand gaillard de 30 ans originaire de l’Indiana, sort manifestement du lot.
Pascal Thuot
Initiales, le 17 décembre 2007