Polars
Tirez sur le caviste

Chantal Pelletier
Édit. La branche
94 pages
10,00 €

Le céleri rémoulade était dégueulasse, et ma femme vraiment trop mauvaise cuisinière, je n’en pouvais plus, j’ai tiré. Cette première phrase d’anthologie donne le ton de polar, le numéro 11 de la nouvelle collection « suite noire » à la couverture cartonnée et au design qui rappelle irrésistiblement les premières « série noire ». Et si vous en doutiez encore chaque titre de cette nouvelle collection dirigée par Jean-Bernard Pouy vient évoquer un célèbre titre de la mythique collection créée par Marcel Duhamel en 1945 : Quand la ville mord (Marc Villard) ; Le petit bluff de l’alcooltest (Jean-Bernard Pouy) ; Ze big slip (Hervé Prudon) ; Les fans sans balance (François Joly) ...

Les présentations étant faites revenons à notre Tirez sur le caviste de Chantal Pelletier. Oui Chantal Pelletier, celle qui fut l’une des Trois Jeanne, un spectacle de café-théâtre caustique qui connut un long succès entre 1976 et 1986. J’ai déjà eu l’occasion de vous dire tout le bien que je pensais de trois de ses romans : deux dans lesquels on suit l’inspecteur Maurice Laice, Le chant du bouc (Folio policier. 240 p. 5,10 €), More is less (Folio policier actuellement épuisé) et L’enfer des anges (Fayard noir. 242 p. 17 €) où l’on accompagne Djo, une fille attachante - comment ne le serait-on pas quand on est dingue de chocolat, de blues et d’amour ? - sur les traces de son père de Montréal à Savannah.

Et ce tirez sur le caviste me direz-vous ? Eh bien ce bouquin continue aussi bien qu’il a commencé. Le héros va engager une jeune femme, qui mangeait du céleri rémoulade sur un banc, pour lui faire de la bonne bouffe. Après une période tout bon tout bien, les choses s’épicent. À la lecture de la seconde partie où l’on suit deux femmes qui tirent les quatre cents coups - entre elles et avec les autres - on pense d’abord avec un peu de regret que les deux histoires sont indépendantes avant de découvrir avec plaisir qu’elles se rejoignent et s’emboîtent fort astucieusement.

Chez Chantal Pelletier on broie du charbon, le Crozes (Hermitage) a de beaux genoux sous sa robe, une cuisinière irrécupérable aurait même été capable de faire brûler de la flotte, et celui-là n’a pas l’air d’avoir inventé la fourchette. Sans oublier ce sage conseil : faut les aider, les dons, pour qu’ils donnent, ça pousse pas tout seul. Plaisir et détente assurés.

Jacques Griffault

Le Scribe - Montauban, le 18 décembre 2007

Le roi des rats
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Le sot de l’ange
Moore, Christopher
Le sauveur
Nesbo, Jo
Tonton Clarinette (Mr Clarinet)
Nick Stone
Tirez sur le caviste
Pelletier, Chantal
Deadwood
Pete Dexter
God’s pocket
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Comme une tombe
Peter, James
La nef des fous
Richard Paul Russo
Panne sèche
Roberge, Rob