Semaine italienne au Square : Stefano BenniLe Square - Grenoble
Mardi 27 Mai 2008 - 18h30
Des extraits de “S’agapo” et de “Margherita dolce vita” seront lus durant la soirée.
Un pot amical clôturera la soirée.
Ils habitent dans des pays et des villes au nom de Gladonie, Tristalia, vivent au coeur des Mondes Altéréens. Ils s’appellent Ulysse, Achille, Circé, Pilar, Pénélope ou encore Melchiade Zaporog’rie Bedrosian. Les femmes peuvent être des BTLSPS (Beautés typiquement latino sans permis de séjour), les vieilles dames spécialisées en ragots médicaux, les grands-pères saboteurs de jeux vidéos. Les bars se trouvent au fond des mers mais ça n’a l’air de gêner personne.
Toutes ces situations et personnages ne sont pas sortis d’un manuscrit retrouvé de Boris Vian ou de Lewis Caroll mais de l’imagination d’un enfant de 61 ans né à Bologne. Stéfano Benni est poète, acteur, auteur de chansons, journaliste, romancier évidemment, novelliste, amateur éclairé de jazz et de football. A première vue, on pourrait taxer notre italien de fou gentil ou de doux farfelu. Même s’il est vrai que le roman comique et fantastique a tendance à être relégué au rang des littératures de divertissement, Benni vient bouleverser l’ordre établi avec des romans touchants et subtils, développant ainsi son point de vue sur la société italienne.
Il avoue lui-même au premier abord donner :
“Une vision du monde qui ressemble à une vision fantastique et exagérée”, et c’est au lecteur de faire ensuite la réduction.
Il ajoute :
“Quand Rabelais raconte l’histoire de France, c’est drôle, déformé, mais ça reflète parfaitement l’histoire de France de son temps. Idem pour Don Quichotte de Cervantes”.
Son dernier livre “ Margherita Dolcevita” obéit parfaitement à ce goût de l’exagération. On peut y suivre la vie de la jeune Margherita, quinze ans, quelques kilos en trop, entre un père bricoleur acharné, une mère qui fume des cigarettes virtuelles, deux frères, l’un fan de foot, l’autre de mathématiques. Sans compter un grand-père qui mange uniquement des yaourts périmés. De beaux dialogues poétiques entre la Petite fille de poussière et Angelo, le nouveau voisin, pourraient prêter à sourire mais n’est pas Benni qui veut, un écrivain qui transforme l’absurde en rire et le rire en intelligence et clairvoyance.
L.B
BIBLIOGRAPHIE
Terra, Julliard, 1985 ; Le bar sous la mer, Actes Sud, 1989 ;
Baol, Laffont, 1993 ; La dernière larme, Actes , 1996 ;
Hélianthe, Actes Sud, 1997 ; Bar 2000, Actes Sud, 1999 ;
Spiriti, Actes Sud, 2002 ; Saltatempo, Actes Sud, 2005 ;
Achille au pied léger, Actes Sud, 2005 ;
La compagnie des Celestins, Actes Sud, 2006 ;
Margherita Dolcevita, Actes Sud, 2008.
Marguerite Pozzoli, éditrice et traductrice de Stefano Benni sera à la librairie le mardi 27 mai à 18h30.
Plus d’infos (en Italien) sur http://www.stefanobenni.it/