Rentrée au Lieu Unique : Rencontre avec Paul-Otchakovsky-Laurens (P.O.L)Vent d’Ouest au Lieu unique - Nantes
Jeudi 18 Septembre 2008 - 20h00
C’est la rentrée 2008/2009 au lieu unique !
Le livre LU
Rencontres organisées en partenariat avec la Librairie Vent d’ouest
# Jeudi 18 septembre 2008 à 20h
Un film qui regarde la vie dans notre Région
Un parcours littéraire
Rencontre avec l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens
Fondateur des éditions P.O.L
Diffusion de son film suivie d’un échange avec Alain-Girard Daudon de la librairie Vent d’Ouest
Le Film :
Sablé-sur-Sarthe, Sarthe
réalisé par Paul Otchakovsky-Laurens| 2007
avec le soutien du CNC et de la Région Pays de la Loire
Présenté au Festival FID - Marseille (France) en 2007
Durée 95 minutes
Une petite ville de la Sarthe, entre Le Mans, Tours et Angers, vue dans les années 50 et aujourd’hui.
Ce qui a changé, ce qui n’a pas changé. Les destructions, les constructions. Et toujours le passage des saisons.
Un homme qui a passé là-bas ses années d’enfance et d’adolescence revient et se souvient.
Il regarde, il interroge, il parle. Son histoire personnelle à l’arrière-plan, il se demande et demande ce que c’est d’être enfant puis adolescent à Sablé-sur-Sarthe, Sarthe.
Format et versions disponibles Beta Numérique PAL format 4/3
Réalisation Paul Otchakovsky-Laurens
Auteur Paul Otchakovsky-Laurens
Image Emmelene Landon
Musique Benoît Delbecq
Montage Paul Otchakovsky-Laurens
Mixage Christophe Folcher
Production Déléguée Flight Movie, L’Arsenal
avec TV5, Canal 8 Le Mans
avec le soutien du CNC et de la Région Pays de la Loire
Distribution flight movie (Paris)
Paul Otchakovsky-Laurens
Il est entré dans le monde de l’édition à la fin des années soixante. Après un stage chez Christian Bourgois en 1969, il a travaillé chez Flammarion où il a crée en 1972 la collection « Textes ». Il a inauguré Hachette/ P.O.L en 1978 avec « La vie Mode d’Emploi », de Georges Perec, avant de créer sa propre maison d’édition, P.O.L, en 1983.
Il s’est progressivement imposé comme un des éditeurs français indépendants le plus discret, le plus exigeant et le plus novateur, un véritable « passeur », qui a fait émerger la nouvelle poésie d’Olivier Cadiot ou Valère Novarina et gagné la confiance de Marguerite Duras, avant de rencontrer le succès dans les années 1990 avec « Truismes » de Marie Darrieussecq, « La Maladie de Sachs » de Martin Winkler ou « Dans ces bras-là » de Camille Laurens.
Son intérêt constant pour le cinéma est moins connu : Dans les années 60, il a collaboré à la revue Jeune Cinéma et à la Fédération Jean Vigo des ciné-clubs, ainsi qu’à Télé-Ciné.
Chez Flammarion, au début des années 70, une de ses principales tâches a été l’organisation de la mise à jour, confiée à Bernard Eisenschitz, de l’"Histoire du Cinéma" de Georges Sadoul.
Chez Hachette, il a publié une centaine de titres de littérature française et étrangère, parmi lesquels "Sur le chemin des glaces" de Werner Herzog. Chez P.O.L outre la réédition du récit de Werner Herzog et l’édition du scénario de "Le Pays où rêvent les fourmis vertes", il a pu aider Serge Daney à créer la revue "Trafic" qui en est aujourd’hui à son cinquante-troisième numéro. Il a assuré la relance, l’édition et la diffusion de "Positif" de 1992 à 1995.
Il a publié également les dix-huit premiers numéros de "La Lettre du Cinéma". Outre la collection "Trafic" (dix titres depuis 1999), de nombreux textes et écrivains chez P.O.L ont à voir de près avec le cinéma, de Jean Louis Schefer à Jean-Luc Godard, de Pierre Alferi à Emmanuel Carrère, de Santiago Amigorena à Jérôme Beaujour et Marguerite Duras. Parallèlement il a réalisé et monté une soixantaine de petites vidéos, de trois à quinze minutes, lectures de textes par leurs auteurs, pour le site des éditions P.O.L.
Il a été membre du deuxième collège de l’Avance sur recettes en 1990. Il a été invité par le Forum des Images, pour une carte blanche dans le cadre de son festival, en juillet 2003.
Il a assuré le montage du film d’Emmelene Landon, "Le Fantastique voyage du conteneur rouge" (vidéo – 52’ – 2004 – Production Le Volcan, scène nationale du Havre).
« Paul Otchakovsky-Laurens est arrivé à Sablé après la mort de son père en 1946. Il avait un an. Sa mère tombant gravement malade, il a été adopté par une vieille cousine qui l’y a élevé jusqu’en 1962. Il s’est passé, durant sa vie là-bas, des événements qui l’ont déterminé pour de longues années, des choses graves sur lesquelles le silence est tombé et qui sont devenues ce que l’on appelle improprement un secret de famille. C’est là aussi qu’il a découvert par hasard ses origines juives. Il s’est agi pour lui de rendre compte de l’espace de ces silences. Il a voulu rendre ces lieux, ces temps, une vie d’enfant puis d’adolescent dans une petite ville de province immobile, refermée, épieuse. Se libérer du poids d’un secret suppose, Freud nous l’aura appris, le travail de sa mise en lumière. Mais lorsque tel secret se confond avec la forme d’une ville, c’est alors cette ville qui devient l’obstacle à éclairer, à franchir, à décrire, à exhumer pour la démanteler patiemment.
Enquête sur le devenir d’une communauté de province, ses paysages, ses rues et ses habitants, recherches d’archives familiales et retour sur le récit de souvenirs personnels, c’est une telle tresse qu’a choisi de nouer le film. Refusant de privilégier aucun de ces trois fils, c’est autant du coup une lente et pudique confession que le portrait d’une certaine France qui est entrepris ici. »
(Jean Pierre Rehm, délégué général du FID de Marseille, et critique cinématographique).