Rencontre Avec Fabio Viscogliosi

Jeudi 1 Avril 2010 - 18h00
Lucioles - Vienne
 

Nous vous invitons à rencontrer Fabio VISCOGLIOSI à l’occasion de la parution de son livre Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit (Stock, "La forêt") et Brigitte GIRAUD, directrice de la collection "La forêt" aux éditions Stock

Rencontre-dédicace à 18h
Causerie-lecture à 19h

Dans un entretien réalisé pour la revue Page, Brigitte Giraud présente la collection "La forêt" dans laquelle est publié Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit de Fabio Viscogliosi :


 Brigitte Giraud, auteur phare des éditions Stock, crée une nouvelle collection sous l’impulsion de son éditeur Jean-Marc Roberts qui souhaitait proposer un autre regard, une approche différente de la littérature. Découvrons ensemble ce qui se cache derrière « La forêt », nom de cette collection à naître.

Propos recueillis par Claudine Courtais, Librairie Coiffard, Nantes

 Page : Le choix de la couleur verte des ouvrages est sans doute motivé par le
nom de cette collection « La forêt ». Pourquoi l’avoir nommée ainsi ?

 Brigitte Giraud : Au départ, le vert était simplement une couleur qui nous faisait envie, en soi. Nous pouvons en effet voir un lien avec la forêt, mais cela n’était pas conscient. Par contre, le choix du nom de la collection a tout son sens. Pour moi, la forêt est le premier territoire de l’imaginaire. Mon premier contact avec la littérature est passé par-là, avec notamment les contes lus ou racontés quand j’étais enfant (Le Petit Poucet reste pour moi le temps fort de mon entrée en littérature, et je dirais même de mon contact avec le monde des adultes). La forêt contient en elle tout ce qui fait la littérature : le rapport à l’enfance, la peur et l’inquiétude, l’idée de la traverser, le contraste entre l’ombre et la lumière, la possibilité de se perdre pour mieux se retrouver...

 P. : Le premier ouvrage publié est un premier roman. En sera-t-il toujours de même ?

 B.G. : En fait, c’est un premier récit. La collection publiera trois à quatre titres par an, sans a priori sur la forme. Il pourra s’agir de romans, de récits, de nouvelles, et pourquoi pas même d’essais ou de paroles de chansons...

Je suis ouverte à tout, pourvu que l’engagement dans l’écriture et la singularité de la voix de l’auteur soient là. Il s’agira de textes contemporains et peu importe si l’auteur n’a jamais publié, ou au contraire est déjà engagé dans un parcours. C’est vrai que j’aime bien l’idée de découvrir de nouveaux écrivains et d’accompagner des premiers livres, cela m’enthousiasme beaucoup.

 P. : Pouvez-vous nous parler du livre de Fabio Viscogliosi et nous dire ce qui a
motivé votre choix pour en faire le premier livre de la collection ?

 B.G. : Je connaissais le travail de Fabio Viscogliosi en tant que musicien et dessinateur. Je suivais son parcours avec grand intérêt. Lire son premier récit a été un choc. Il s’agit d’un livre en puzzle, qui dresse le portrait d’un homme de 40 ans (l’auteur), fils d’immigrés italiens, enfant du rock autant que de Laurel et Hardy, et qui invite dans son univers Picasso, Bob Dylan, Antonioni au même titre que son père, qui en est la figure centrale, à jamais disparue. Ce livre m’a plus que touchée, il m’a bousculée, il a changé quelque chose en moi (c’est ce qu’on attend de la bonne littérature, non ?). Parce qu’il interroge le bonheur, l’enfant qui est en nous, la force du lien, le pouvoir de l’absence, il est à la fois mélancolique et joyeux, simple et complexe. Ce que j’aime dans le livre de Fabio est qu’il est accessible à tous, parle de nous tous, concerne chacun d’entre nous et donne au lecteur toute la noblesse qu’il mérite. Ouvrir la collection avec ce livre a tout son sens, parce qu’il porte en lui tout ce qui fait que cette collection existe : c’est une traversée, comme l’indique son titre, dont on ressort différent.

 P. : Pouvez-vous déjà évoquer ce que seront les prochaines publications ?

 B.G. : C’est encore trop tôt pour en parler. Le prochain texte est celui d’une
jeune femme, il sera publié en septembre. C’est un récit qui m’impressionne
par sa force et la singularité de son écriture.

 © PAGE DES LIBRAIRES, Janvier-Février 2010 (Entretien réalisé par Claudine Courtais, Librairie Coiffard, Nantes).