Michelle Perrot

Mercredi 18 Novembre 2009 - 18h30
Le Square - Grenoble
 

La librairie recevra Michelle Perrot et vous invite à venir découvrir son son dernier ouvrage : La chambre, publié aux Editions du Seuil. 


Que se cache-t-il derrière ce titre énigmatique ? Une plongée dans un des lieux les plus intimes de notre existence, des coulisses où se jouent la vie, la joie, l’amour, la douleur, la mort. Michelle Perrot n’écrit pas une histoire ou une anthropologie de la chambre, elle entreprend un voyage en empruntant différents chemins : la chambre comme espace politique, la chambre et la division des sexes, l’accès social à la chambre seule, la chambre dans l’alternance du jour et de la nuit. En passant de la chambre du roi à la cellule, mais aussi par la chambrée, le garni, la chambre d’hôtel anonyme, elle nous livre dans une langue admirable, une poétique déambulatoire de cette extraordinaire boîte à secrets. A vous d’en prendre la clef ! (N.T)


Michelle Perrot est une historienne reconnue par tous, spécialiste de l’histoire des femmes. Elle est animatrice aux Lundis de l’histoire sur France Culture.

Le nom de Michelle Perrot est désormais associé à une entreprise pionnière,l’écriture avec Georges Duby d’une histoire des femmes. Quel a été le parcours de celle qui est devenue une historienne reconnue par tous bien au delà de l’histoire des femmes ? Dans Essais d’ego-histoire, où à la demande de Pierre Nora des historiens essaient d’expliciter le lien entre l’histoire qu’ils font et celle qui les a fait, Michelle Perrot livre quelques éléments.

Son goût pour l’histoire naît du désir de sortir de sa condition, de découvrir l’autre. Et pour la jeune bourgeoise, poussée par un solidarisme catholique, l’autre c’est d’abord l’ouvrier. Etudiante après-guerre à la Sorbonne, elle travaille sous la direction de Labrousse sur le mouvement ouvrier au XIXe. Par des études sur des séries, il s’agit de faire accéder le monde ouvrier à la reconnaissance scientifique. Elle consacre alors sa thèse à l’histoire de la grève.

Après Mai 68, elle quitte la Sorbonne pour Jussieu, université plus remuante et ouverte aux interrogations de l’époque. Ce qui fait dire à Michelle Perrot par provocation qu’elle a répondu à « l’air du temps ». Plutôt que de se tourner comme ses maîtres des Annales vers le Moyen-Age ou l’époque moderne, elle choisit d’explorer sur le XIXe les généalogies de dominations contemporaines. Ouvrir de nouveaux chantiers, et ce dans des démarches collectives, c’est ce qui pourrait caractériser son oeuvre.

Ainsi, avec Michel Foucault, elle travaille sur l’enfermement (L’impossible prison, Seuil 1980). Mais surtout en 1973, elle consacre un premier séminaire à la question « Les femmes ont-elles une Histoire ? ». Car si les sciences sociales s’intéressent alors déjà aux femmes, l’histoire les ignore. A côté du mouvement féministe qui se bat pour ses droits, l’histoire est conçue comme une arme critique : redonner aux femmes,
sans voix, leur histoire, une mémoire. Une histoire qu’elle n’envisage pas seulement sous l’angle de la domination, il y eut aussi des résistantes, les béguines, les sorcières. Et l’aboutissement de cette quête, c’est la direction avec Georges Duby (à la demande d’un éditeur italien), de la première synthèse sur l’histoire des femmes (publiée après chez Plon), une des entreprises marquantes de la Nouvelle Histoire.

Mais si Michelle Perrot a tout fait pour renouveler le regard sur les femmes, elle refuse d’être une spécialiste de l’histoire des femmes et de faire de cette histoire une spécialité. Animatrice depuis des années des Lundis de l’histoire (France Culture), elle n’abandonne pas la joie du questionnement et le souci de la transmission.

Et aujourd’hui avec Histoire de chambres, une enquête dans notre intimité, à travers
des diagonales qui lui sont chères, le social, l’enfermement, les femmes, la vie privée, elle aiguise à nouveau notre regard avec un chef d’oeuvre.

Que se cache-t-il derrière ce titre énigmatique ? Une plongée dans un des lieux les plus intimes de notre existence, des coulisses où se jouent la vie, la joie, l’amour, la douleur, la mort. Michelle Perrot n’écrit pas une histoire ou une anthropologie de la chambre, elle entreprend un voyage en empruntant différents chemins : la chambre comme espace politique, la chambre et la division des sexes, l’accès social à la chambre seule, la chambre dans l’alternance du jour et de la nuit.

En passant de la chambre du roi à la cellule, mais aussi par la chambrée, le garni, la chambre d’hôtel anonyme, elle nous livre dans une langue admirable, une poétique déambulatoire de cette extraordinaire boîte à secrets. A vous d’en prendre la clef !