Mathias Énard
Jeudi 4 Décembre 2008 - 20h00
Le jeudi 4 décembre à 20 heures, la librairie Point Virgule vous invite à rencontrer Mathias Énard à l’occasion de la parution du roman Zone (Actes Sud)Mathias Énard a 36 ans, vit à Barcelone après avoir beaucoup voyagé, parle l’arabe et le persan. Et puis surtout : Mathias Énard vient de publier un roman formidablement ambitieux et maîtrisé, 500 pages captivantes de bout en bout. Osons même : Zone est éblouissant, à coup sûr l’un des livres incontournables de la rentrée littéraire 2008, mais aussi une œuvre avec laquelle il faudra compter au moment de tenir la liste des classiques de notre époque. Mathias Énard n’est pas un inconnu : ses premiers romans, La perfection du tir et Remonter l’Orénoque (Actes Sud), ont reçu un accueil critique chaleureux, suivis par un texte inclassable, le Bréviaire des artificiers (Verticales), faux manuel de terrorisme à l’usage des débutants. Il fait également partie, avec François Bégaudeau et d’autres jeunes auteurs, du collectif Inculte. Avec Zone, il s’impose comme l’un des écrivains majeurs de sa génération. Soit un roman-monde qui retrace, le temps d’un voyage en train entre Milan et Rome, trente siècles de l’histoire complexe, tourmentée, tour à tour sublime et déchirante, des rivages méditerranéens. La Zone, c’est précisément cette mer Méditerranée, le terrain d’opération du narrateur agent de renseignements. Dans le train qui le mène de nuit vers Rome, Francis Servain Mirkovic ne quitte pas des yeux sa valise, lourde des informations collectées pendant dix ans d’activités dans la Zone. Il espère les vendre en haut lieu, et commencer grâce à l’argent obtenu une vie nouvelle, loin des ténèbres et de la violence qu’il n’a cessé de côtoyer – guerre des Balkans, atrocités de la guerre civile algérienne, prisons d’Égypte ou de Syrie. Mais a-t-on droit au bonheur lorsque l’on porte en soi tout « l’effroi du monde » ? Au fil du voyage, tandis que défilent à sa fenêtre les campagnes et les villes alanguies, Francis Mirkovic convoque ses souvenirs et les relit en compagnie d’Homère ou d’Apollinaire, d’Ezra Pound ou de James Joyce. On suit époustouflé ce long tourbillon d’histoires, très vite gagné par le rythme entêtant qui rappelle la cadence du train. Et l’on comprend que si Énard est un conteur talentueux, qui enchaîne avec une incroyable fluidité des récits passés et présents, proches ou lointains, et parvient à captiver de bout en bout, il est aussi un moraliste subtil, qui donne à réfléchir sur notre monde si complexe, sur les tourments de l’âme humaine, sur la violence qui semble le cœur de toute l’histoire européenne. Mathias Énard vient de se voir décerner le Prix Décembre À propos de Zone : Mathias Énard est à lui seul une raison de croire qu’à défaut d’un autre monde et d’autres lois de géopolitique, un autre roman français, gonflé, ambitieux et brillant est possible ». Raphaëlle Leyris, Les Inrockuptibles « Un livre foisonnant, érudit, inventif, audacieux et déconcertant ». Robert Solé, Le Monde des Livres « Un tour de force saisissant ». Pierre Maury, Le Soir « Quand la fiction donne de si belles leçons à la plus insensée, la plus féroce des réalités humaines, on ne peut que s’incliner, apprécier, et remercier aussi ». Marine de Tilly, Transfuge « On est emporté dans ce train qui va vers la fin du monde, et cette méditation sur la violence et sa possible fin devient la nôtre, et fait de cette lecture un moment inoubliable ». Alain Nicolas, L’Humanité « La Zone : une épopée violente, ambitieuse et magistrale ». Camille Parotti, La Libre Belgique « Ce livre de plus de cinq cents pages risque néanmoins de devenir ‘culte’, pour tous les amoureux d’une lecture n’ayant pas peur des projets démesurés. Alors qu’on reproche souvent à la production hexagonale de se vautrer dans de petites choses, Énard impose l’objet français le plus ambitieux depuis L’invention du monde d’Olivier Rolin ». Baptiste Liger, Lire « Zone est un grand livre, non parce qu’il nous parle de ce que l’Europe n’a pas su faire, non par ce qu’il nous conte, fragmentairement et minutieusement, ce qui fut fait et défait entre Gibraltar et Suez, mais parce qu’il initie un phrasé à la fois merveilleux et désespéré. Lire Énard c’est partir, c’est mourir, c’est revivre – c’est avec lui, écrire le temps retrouvé, perdu. Un écrivain ne juge pas. Il libère tout : toutes les puissances : les siennes, celles de l’histoire, de la géographie. Et surtout il fait ce que fait Énard : il se noie dans la beauté de l’aveu et du mentir-vrai. Il nous rend à notre éternelle attente ». Christophe Claro, Le clavier cannibale
Cette soirée est organisée avec le soutien du Service de la Promotion des Lettres de la Communauté Française. Les librairies
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