Lucien Jerphagnon

Albin-Michel
 

 

J’apprends par la radio la mort de Lucien Jerphagnon, ce philosophe et historien qui, comme son maître Vladimir Jankélévitch, aimait sortir des sentiers battus de l’histoire et de la philosophie.
 
Son dernier livre paru en 2010 intitulé La ... sottise ? (vingt huit siècles qu’on en parle) nous avait enchantés et beaucoup divertis.
Un petit aphorisme juste pour le plaisir ? "Les gens qui ont des certitudes sont sûrs de se coucher aussi cons qu’ils se sont levés le matin".
 
Nous étions quelques libraires à avoir la chance de le rencontrer à Paris fin mai à l’invitation de son éditeur Albin Michel.
Ce jeune homme de quatre-vingt dix printemps nous avait éblouis par son humour, son détachement , son sens de la formule qui fait mouche pour nous parler de son dernier opus, un livre d’entretiens avec Christiane Rancé, dont le titre sonne aujourd’hui comme un prémonitoire testament : "De l’amour , de la mort, de Dieu et autres bagatelles".
Je le revois nous dire que la philosophie commence par l’étonnement et que les choses ne sont pas naturelles pour conclure par cette formule qui lui ressemble vraiment "Je me suis toujours demandé ce que je fichais là !"
 
Laissez cet esprit libre vous prendre par la main et vous glisser dans l’oreille cette citation de Jankélévitch : "On peut, après tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien."
 
Michel Bazin

 

Lucioles - Vienne, le 10 octobre 2011