Lettres à des morts 1914-1919. Je t’embrasse pour la vie

ed Cent pages
 

Derrière sa couverture anonyme, sans mention de titre, d’auteur et d’éditeur, se cache de petites bombes en forme de missives.

Les 26 lettres reprises dans ce recueil n’ont jamais été lues par les destinataires, soldats restés au front de 14-18, morts, disparus ou fusillés. 26 bijoux de cruauté, de tendresse, de cynisme, d’humour et d’émotion.

Les auteurs de ces lettres sont un père, une mère, un frère, une sœur, mari ou femme, amant, amante des soldats morts. Pas une seule seconde, bien sûr, ils n’auraient pu imaginer que les propos qu’ils tiennent ne revêtiraient, rétrospectivement, près d’un siècle plus tard, une telle teneur.

Ce qui nous frappe, ce qui nous estomaque, c’est le patriotisme le plus aveugle — « … la cause pour laquelle vous souffrez est si belle qu’elle embellit tout » —, l’inconscience et la futilité — « Je suis bien malheureuse. Dolly est morte hier ; le vétérinaire a été obligé de la piquer » —, la perversité — « je peux tout pour toi si tu es bien docile » —, le désespoir le plus cruel — « Si tu viens pas, je me noirai dans la mare, j’ai trop de malheur, mon petit papa, je t’assure ; et j’ai trop faim » — mais aussi, parfois et malgré tout, beaucoup d’amour — « Ce n’est pas toujours la mort qui est la plus triste. Je t’embrasse, mon petit frère, de tout mon cœur ».

Ami lecteur, je te le garantis, tu ne sortiras pas indemne de cette lecture absolument bouleversante !

Livre aux Trésors - Liège (Belgique), le 28 janvier 2009