Les vieilles
Pascale Gautier
Editions Joëlle Losfeld
18,50 €
Quand on commence ce roman, une légère appréhension nous guette ; en effet, qui s’intéresse vraiment au sujet ? Les vieilles, il y en a tellement… certaines charmantes, d’autres pénibles (et je pèse mes mots), voilà tout de même un drôle de sujet. Et bien oui, la magie opère et on se laisse captiver par madame Rousse, mesdames Rouby, Ferreint et consœurs ! Toutes auréolées d’argent, de bleu, de violet, sifflant un petit verre entre copines. Toutes plus mauvaises langues que jamais ! Et on ne s’en lasse pas ! Là, est le talent de Pascale Gautier.
Quand Nicole , cette jeune et fringante sexagénaire, arrive dans cette petite bourgade du sud où ne vivent que des vieux, cela va bouleverser le petit cercle de voisines.
Sur fond de fin du monde imminente (une météorite arrive droit sur la Terre), les vieilles ne sont pas plus bouleversées que ça, « après moi, le déluge » semblent-elles penser, après tout personne ne pensent plus à elles, leur vie n’aura été qu’une continuelle suite de jours où le bonheur les aura à peine frôlé ; elles appartiennent à cette génération où l’on dépendait de son mari en élevant ses enfants.
Il y a beaucoup de drôleries dans ce roman, l’exemple du croque mort du village (un bellâtre d’une trentaine d’années) qui est l’amant d’une nonagénaire « parce qu’elles sont tellement belles toutes ces vieilles femmes ! » qui répète à longueur de journée « je n’ risque pas d’être au chômage, moi ! », la télé qui disjoncte et où ne passe que des images de guerres avec gros plans sur les victimes, et ses slogans surréalistes « sauvez un cochon ! Mangez du chat ! ».
Non, on ne s’ennuie pas dans ce roman, on le lit d’une traite et lorsque vous croiserez « une vieille », vous ne la regarderez plus de la même façon.
Au Poivre d’Âne - Manosque, le 19 janvier 2010