Gabriel Bañez

Les enfants disparaissent

La Dernière Goutte
traduit de l’espagnol par (Argentine) Frédéric Gross-Quelen A paraître le 21 janvier 2010
16,00 €
 

L’horloger Macias Möll a deux passions : la philosophie des sciences, qui accompagne son travail de mécanicien du temps, et la course en fauteuil roulant qu’il pratique seul contre lui-même, au crépuscule, dans une rue pentue de son quartier, bordée de curieux parmi lesquels de nombreux enfants. En spécialiste des mécaniques de précision, le paraplégique étudie tous les moyens d’atteindre son objectif : battre son record de descente. Mais ne voilà-t-il pas qu’à chacun des records battus un enfant disparaît ! Le quartier s’émeut, la police enquête, prétant foi à toutes les suppositions, mais aussi à toutes les élucubrations. Et c’est toute l’existence de Macias qui s’en trouve ébranlée.

Non sans ironie ni humour, avec un sens rigoureux du récit mêlant à de savoureux dialogues des réflexions métaphysiques, Gabriel Bañez entraîne le lecteur dans un éblouissant conte philosophique. Que sont les horloges, que nous disent-elles sur le temps qui passe, le temps passé et à venir, le temps d’une vie, le temps des morts. Splendide métaphore, le récit de l’Argentin a la concision des écrits qui se lisent vite et qui vous habitent longtemps, car ils conduisent à des dimensions qui ouvrent l’esprit à des abîmes de perplexité.

Extrait :
"L’horloger ne cherchait pas à vaincre le temps, ni rien de ce genre. Au contraire. Il voulait arrêter le passé retrouvé. Pour y parvenir, il devait d’abord en inverser le cours."

Au moulin des Lettres - Epinal, le 4 janvier 2010