Le temps où nous chantions
Richard Powers
Ed. Le Cherche Midi
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
762 pages
24 €
Très vite on se rend compte que l’on tient là un grand bouquin qui va nous enthousiasmer durant de belles heures de lecture. La composition, le style, les caractères, la vaste fresque, tout cela en parfaite harmonie, ne peut que séduire.
Nous allons suivre durant une cinquantaine d’années une famille, celle de David Strom un physicien juif allemand, non religieux, exilé aux Etats-Unis et sa femme noire, Delia Daley.
Ils se sont rencontrés en 1939, lors d’un concert que Marian Anderson donne à Washington D.C. (des pages d’anthologie) : Delia, qui a décidé de consacrer sa vie au chant, quitte la table familiale en ce jour de Pâques pour aller entendre chanter celle qui est l’avant-garde des noirs, qui est leur dernier espoir, la meilleure façon d’attirer l’attention du monde blanc ; David qui s’étonne et s’émerveille d’être là, libre et vivant.
Ils auront trois enfants Jonah, Joseph, et Ruth élevés dans le culte de la musique. Chanter c’était leur sport d’équipe, leur jeu de puce, leur jeu de l’oie. Jonah deviendra un ténor de grande renommée, Joseph l’accompagnera au piano, Ruth, la petite sœur, rejettera les valeurs familiales.
Un livre formidablement ambitieux et réussi sur la musique et la joie qu’elle procure, sur la préservation de l’unité familiale en dépit des aléas de l’Histoire, sur les problèmes sociaux. C’est foisonnant, passionnant.
Initiales, le 19 décembre 2007