Izun, Marie

Le père de la petite

Arléa
152 pages
15,00 €
 

Elle s’appelle France. Elle n’a que quatre ans et demi. Du monde, la petite ne sait encore presque rien. Son univers, son seul monde imaginable c’est sa mère. De sa mère elle aime tout : le grand corps chaleureux contre lequel elle vient se blottir à tout moment, ses robes, ses chaussures, sa démarche, ses gestes, sa voix. Elle vit depuis toujours avec sa mère dans leur deux pièces cuisine. Seule la grand-mère vient les visiter. Elle n’aime pas sa grand-mère avec ces cheveux gris, ces joues blanches, molles et froides, cette tristesse qui pèse sur elle, et surtout elle n’aime pas les apartés que sa grand-mère a avec sa mère, sa mère à elle. Son père, elle ne l’a pas connu. La guerre avait déjà commencé quand la petite était née, et son père est prisonnier, loin, très loin. Aussi quand sa mère lui annonce : Ton père va rentrer, ces mots-là résonnent-ils pour la petite comme une menace. Tout est différent, à présent. C’est lui, le père qui commande. Une autre vie commence. Si la petite a maintenant un père, on dirait qu’elle n’a plus de mère ; celle-ci semble n’être plus que la docile épouse de son mari, son amoureuse, sa servante. Heureusement qu’il y a des disputes qui suspendent pour un temps leur comportement amoureux, car la petite n’aime pas leurs baisers, leurs enlacements, leurs chuchotements. Les sentiments de la petite vis à vis de son père vont évoluer avec tout l’excès dont les enfants sont capables. La petite sera à l’origine d’un drame familial que l’on sentait latent dès le début du livre. Un remarquable premier roman, écrit avec une grande économie de style, paru dans la collection 1er/mille chez Arléa qui nous a déjà proposé des textes de grande qualité comme ceux de Maxence Fermine (Neige et Le violon noir).

Jacques Griffault

Librairie La femme renard - Montauban, le 16 décembre 2007