Le Temps des mots à voix basse
Anne-Lise Grobéty
La joie de lire
71 pages
Une grande découverte que ce petit livre qui se situe dans la lignée de Matin brun de Franck Pavloff , d’Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor, de L’Ami retrouvé de Fred Uhlman. Il raconte dans une langue simple et pure une histoire d’amitié vraie et forte qui s’oppose à la haine et à la violence de l’antisémitisme. C’était dans un pays de collines parfaites et de vergers. Dans une petite ville tranquille où tout le monde se saluait droit dans les yeux. Le narrateur a un copain, un vrai, Oskar. Son père et Anton, le père d’Oskar, sont les meilleurs amis du monde. L’un, le père du narrateur, est épicier, l’autre comptable. Et poètes, aussi, tous les deux. L’épicier, une fois son travail terminé, soigne ses abeilles et s’installe sous un pommier pour lire un « vrai » livre, comme il dit, pour bien le distinguer de tout ce qui se publie « en vain »... Rien ne menaçait notre vie d’enfants jusqu’à ce que survienne le temps des mots à voix basse. La Voix, elle, parle plus haut que toutes les autres. Et l’on voit grimper partout sur les murs cette espèce d’araignée noire avec ses pattes tordues. Le père d’Oskar doit quitter sa banque ; Oskar est exclu de l’équipe de foot puis de l’école. Ils sont contraints de quitter leur maison pour aller habiter à l’autre bout de la ville dans un « quartier réservé ». Je ne vous dévoilerai pas la fin de cette histoire, bouleversante. L’auteur est née en Suisse romande. Son premier roman - Pour mourir en février - fut publié alors qu’elle n’avait que dix-neuf ans et obtint le prix Georges Nicole en 1969. En 2000 le Grand Prix C.F. Ramuz lui a été décerné pour l’ensemble de son œuvre. Lisez, offrez à vos amis et, peut-être surtout à des adolescents, ce livre qui vaut bien des leçons d’Histoire et de ... tolérance.
Jacques Griffault
Le Scribe - Montauban, le 15 décembre 2007