|
Marianne, RUBINSTEIN.
Le Journal de Yaël Koppman
Sabine Wespieser éditeur
Yaël Koppman, une Bridget Jones à la française ? C’est en tout cas ce qu’elle aspire à être, et ce que lui suggère de devenir sa cousine (et meilleure amie) Clara. Cette dernière lui propose en effet de se lancer dans la chick lit qu’elle traduit « littérature de poulette ». La référence au Journal de Bridget Jones (Helen Fielding, J’ai lu) est évidente puisqu’il s’agit là du journal d’une trentenaire célibataire, urbaine, et en proie à de nombreuses crises de doutes. Comme Bridget, Yaël dénombre au fil des pages les kilos qu’il lui reste à perdre. Elle aussi égrène les prénoms de ses amants potentiels. Mais Yaël est juive (et le répète), Yaël ne fume pas (et elle insiste), Yaël est une intellectuelle (et elle signe). Elle partage sans doute d’ailleurs toutes ces caractéristiques avec Marianne Rubinstein, l’auteur de ce « roman » (« Après tout, ce n’est qu’un roman » p. 214). Marianne Rubinstein aime à entrelacer la fiction et le réel et met en place un jeu de miroir. C’est aussi le cas de Yaël, son héroïne, qui cherche la clef de sa propre existence en se plongeant dans la lecture compulsive d’ouvrages autour du Bloomsbury Group. Ce groupe d’intellectuels était surtout composé d’écrivains (Virginia Woolf, E.M. Forster notamment), et de peintres (Vanessa Bell, Duncan Grant, Roger Fry). Parmi eux on trouvait aussi l’économiste Maynard Keynes, dont Yaël (et on peut supposer Marianne) fait grand cas, elle qui explique la vie par l’économie et l’économie par la vie. Le personnage qui fascine le plus Yaël Koppman, c’est Angelica Garnett qui (pour faire court) est la fille de Vanessa Bell (elle-même sœur de Virginia Woolf) et de Duncan Grant, mais la fille adoptive de Clive Bell et la femme de David Garnett (lui-même épris de Vanessa Bell et amant de Duncan Grant). Yaël se reconnaît en Angelica et cherche à cerner son histoire en lisant des œuvres critiques, des journaux intimes et des lettres dont Marianne Rubinstein cite de larges passages dans le livre. Il en résulte que si l’on veut comprendre quelque chose aux relations plus que complexes entre les membres du Bloomsbury Group, on peut lire Le Journal de Yaël Koppman, de même que si l’on veut lire de la chick lit à la française. Mais pourquoi ne pas lire Angelica Garnett elle-même (Les deux cœurs de Bloomsbury, Paris : Le Promeneur, 2001, Trompeuse Gentillesse, Paris : Christian Bourgois, 1986) ? Pourquoi ne pas regarder les tableaux de Vanessa Bell et Duncan Grant (Frances Spalding, The Bloomsbury Group, Londres : NPG, 1997) ? Pourquoi ne pas lire les lettres de Virginia Woolf, ou encore mieux ses romans ? Plus près du Bloomsbury Group et plus loin de la chick lit, surtout à la française… C. B. , le 30 janvier 2008 Les librairies
Antipodes - 95880 Atout-livre - 75012 Au moulin des Lettres - 88000 Au Poivre d'Âne - 13600 Au Poivre d'Âne - 04100 Comme Un Roman - 75003 Cordeliers - 26100 Gwalarn - 22300 L'Arbousier - 04700 L'Ecritoire - 21140 La Librairie des Halles - 79000 La Librairie du Rivage - 17200 La Réserve - 78711 Le Bateau Livre - 59800 Le Cadran Lunaire - 71000 Le Cyprès - 58000 Le Grain Des Mots - 34000 Le Livre Phare - 29900 Le Merle Moqueur - 75020 Le Square - 38000 Les Petits Papiers - 32000 Les Saisons - 17000 Les Sandales d'Empédocle - 25000 Librairie du Cent Quatre - 75019 Librairie La femme renard - 82000 Livre aux Trésors - Belgique Lucioles - 38200 Lune et l'Autre - 42000 M'Lire - 53000 Maupetit - 13001 Mots et Images - 22200 Nordest - 75010 Obliques - 89000 Passages - 69002 Point Virgule - Belgique Quai Des Brumes - 67000 Vent d'Ouest au Lieu unique - 44000 Vent d'Ouest - 44200 Initiales
Association de libraires indépendants 51 rue de Bagnolet / Paris Tél 01 40 09 08 75 Fax 01 40 09 08 76 |