La vie secrète de E. Robert Pendleton
Michael Collins
Christian Bourgois
528 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Guiloineau
26 €
E. Robert Pendleton est professeur d’université, peu considéré. Il risque de perdre sa chaire de Creative Writing. Il est aussi un romancier médiocre, sans succès, contrairement à son ennemi intime, Horowitz, écrivain célèbre qu’il doit accueillir sur son campus universitaire.
Pendleton, miné par l’insuccès, tente de se suicider. Nouvel échec. Adi, une de ses étudiantes, s’installe chez lui pour jouer les gardes-malades. Elle découvre un livre publié par Pendleton des années auparavant. Le Cri. Un chef d’œuvre. Troublant. En effet il raconte avec de nombreux détails, qui ne peuvent être connus que du meurtrier lui-même, l’assassinat d’une jeune fille, meurtre qui ressemble étrangement à celui jamais élucidé, qui eut lieu dans la région quelques années auparavant. Simple coïncidence ?
Avec l’aide d’Horowitz, alors que Pendleton reste plongé dans le coma, Adi fait publier ce livre qui devient un vrai succès et entraîne la réouverture de l’enquête sur le meurtre de la jeune fille. C’est l’inspecteur Ryder, un fou de boulot, peut-être pour oublier le fiasco de sa vie familiale, qui est chargé de cette affaire. Satire brillante, caustique et forte amusante du microcosme universitaire - véritable berceau de la médiocrité - et de l’ambition littéraire, ce roman psychologique où meurtre, amour, supercherie, trahison, jalousie constituent les principaux ingrédients, et où les déraillements de la vie et les opportunités manquées hantent les personnages, se lit d’un trait.
C’est avec un vif plaisir que l’on se laisse manipuler par Michael Collins qui combine, cette fois encore, avec talent et virtuosité, enquête policière et critique sociale. Encore un grand bouquin de ce brillant irlandais, né en 1964, diplômé de l’université de l’Illinois de Chicago, dont j’ai déjà vivement recommandé les livres précédents : Les âmes perdues (Points Seuil. 7 €), Les gardiens de la vérité (Points Seuil. 7,50 €), Les profanateurs (Points Seuil. 8,40 €)
Jacques Griffault, Le Scribe
Le Scribe - Montauban, le 19 décembre 2007