La véranda
Robert Alexis
José Corti
160 pages
15,00 €
« Je prends peut-être ce train pour la dernière fois. »
Dès la première ligne du second paragraphe de ce livre nous sommes plongés dans une atmosphère étrange. Une sorte de trouble nous gagne. On se laisse entraîner par ce narrateur à la pensée raffinée et élégante qui voyage en train pour de longues escapades à travers l’Europe. Où va-t-il, que cherche-t-il, ce riche héritier ?
« Ce que certains prenaient pour les méandres d’une oisiveté privée de fin, je le considérais comme une recherche sans limite. Aux biens matériels je préférais le seul vrai privilège : l’ouverture de la pensée, une brèche élargie par les nuances multipliées de l’expérience. Soit ! »
Mais voici qu’un jour accoudé au bastingage d’un vapeur sur un lac autrichien il voit une haute bâtisse à flanc de colline avec une véranda. Il sent son cœur se serrer. Il est cependant persuadé n’être jamais venu dans cet endroit dans le passé. Il est envoûté. « Le hasard, ou du moins ce que l’on croît tel, venait de composer l’une de ses fulgurances. » Cette demeure est en vente. Il va la visiter. « Chacun de mes pas, en même temps qu’il froissait les jours de mon existence passé, ouvrait les pages d’un livre longtemps tenu secret. » Il lui faut l’acquérir. Un halo de mystère entoure cet endroit ; on raconte des histoires étranges sur le Comte et les deux femmes qui l’ont habité. Vous voici au cinquième du roman, le meilleur est à venir. C’est déroutant et séduisant tout à la fois. Et c’est écrit dans une langue admirable.
Initiales, le 16 décembre 2007