Pierre Pelot

La montagne des boeufs sauvages

éditions Hoëbeke
19,00 €
 

Cet ensemble de textes ayant tous pour cadre la montagne vosgienne s’apparente à un recueil de nouvelles. Mais comme souvent chez Pelot le lecteur s’engage dans une sorte d’entre-deux, ni tout à fait ce qu’on attend de lui, ni véritablement en terre inconnue. Car ce pays qui l’a formé constitue l’épine dorsale de son être comme de son art. Et comme toujours chez lui ce qui est à lire, ce qui est à prendre et ce qui fait sens se situe entre les lignes.

Il n’y a rien d’anecdotique dans l’utilisation de ce cadre-là, le paysage vosgien. Au contraire il en tire sa substance, sa raison d’être d’écrivain. C’est pourquoi les histoires naissent ici d’un rien, d’une senteur, d’une aiguille de pin, d’un sourire en coin. Et c’est toujours formidablement réjouissant. Il y a des réminiscences dans ces pages, un affleurement constant des sens qui émanent non seulement des hommes, mais aussi des feuillages, des roches ou de l’onde des cours d’eau.

Une leçon de vie, de mort et surtout de mémoire, avec quelques très beaux hommages rendus à ceux qui comme lui, avant lui, ont raconté ce pays : des hommes comme Maurice Pottecher, le fondateur de ce théâtre du Peuple inspiré par la montagne vosgienne, mais aussi des arbres comme ces sapins à partir desquels les hommes forgent leur existence et qui ont eux aussi quelque chose à dire. Ou encore la rivière, berceau de l’enfance de l’art... Et tant de choses encore qui font que l’art de Pelot est inépuisable.

Extraits :

« Noirs dans l’hiver et brillants des chaleurs pétillantes de l’été en cent mille bluettes - dans leur tronc sous l’écorce il y a du bonbon que l’on suce et du bois que l’on cloue, fend, taille, façonne pour en faire sa maison, la table sur laquelle on a mangé et posé les coudes, le lit dans lequel on a dormi, la chaise, le placard, et jusqu’aux quatre planches entre lesquelles on ne verra plus rien, d’où on ne se relèvera pas, dans les bras du vieux témoin silencieux qui en a regardé passer tant et tant d’autres avant. »

« Les gens d’ici font de leur mieux, ce qui n’est pas peu ni mal dire. ils sont d’un pays taiseux, forgés à des histoires qui n’appartiennent qu’à eux, et ne seraient rien sans ces histoires toujours vivantes, encore et de nouveau, à chaque fois qu’elles se racontent. »

 Pierre Pelot dédicacera son livre à la librairie Au Moulin des Lettres le samedi 19 juin de 15h à 18h.

Au moulin des Lettres - Epinal, le 26 mai 2010