Georges Flipo

La commissaire n’aime point les vers

La table ronde
18,00 €
 

Viviane Lancier est commissaire à la 3ème division de la police judiciaire de Paris. Son équipe est composée de six hommes. La gentille, la teigneuse, la bosseuse, c’est elle. Elle, la commissaire : Viviane tenait beaucoup à ce la, et se moquait des bons usages. Elle a trente sept ans et tout lui fait mal. Son corps lui fait mal – avec ses huit kilos de trop – ses régimes lui font mal, sa vie lui fait mal, à commencer pas son célibat. Il n’y a que son boulot qui ne lui fait pas mal.
Lorsque commence ce livre elle vient de commencer un régime dissocié, ce qui n’arrange pas son caractère, déjà bien trempé.

Un clochard, fan de Victor Hugo, est assassiné alors qu’il s’apprêtait à remettre à l’académie française la photocopie d’un sonnet brûlant que des spécialistes attribueront à Baudelaire. Tous ceux qui sont en contact avec ce sonnet sont menacés, attaqués. Viviane Lancier entre en scène flanquée d’un nouveau venu dans son équipe, le lieutenant Augustin Monot, ingénu, craquant, à qui elle va mener la vie dure. Faut dire qu’il est encore un peu vert l’Augustin avec son air de premier de la classe et qu’il fait des écarts à la procédure, par exemple en s’empiffrant d’un élément du dossier, un pancake qui était dans la besace du clochard, ou encore en prenant des initiatives avec la presse qui n’ont pas l’heur de plaire à la commissaire.

C’est du grand Flipo. Flipo ? Ben oui l’auteur de La Diablada (Anne Carrière) qui a obtenu le Prix de la Nouvelle du Scribe – Lauzerte 2007, de Qui comme Ulysse (Anne Carrière), de Le film va faire un malheur (Castor Astral).

Il porte un regard distancié et ironique sur les situations et ses personnages. L’humour en demi-teinte, piquant et caustique, le ton persifleur, l’intrigue bien troussée, menée à vive allure, le sympathique et attachant duo formé par Viviane et Augustin, de nombreux personnages secondaires voire tertiaires fort bien croqués, voilà quelques-uns des ingrédients de ce polar qui ne se prend pas au sérieux et grâce auquel vous allez passer un très agréable moment.

Quelques extraits : La façade du bistrot semblait annoncer la couleur : elle était violette et lie-de-vin ; ou encore Entre clodos, on est jamais vraiment très copains. On se met ensemble, c’est juste pour se sentir un peu moins con quand on picole ou quand on parle tout seul ; et aussi La vraie nuit avec Fabien commença enfin. Il suffisait de libérer les chambres à quatorze heures : en attendant, ce fut Viviane qui se libéra.
 

Le Scribe - Montauban, le 21 juillet 2010