Elif Shafak

La bâtarde d’Istanbul (The Bastard of Istanbul)

10/18

Traduit de l’anglais par Alina Azoulay

380 pages


7,90 €
 

La pluie à Istanbul c’est plus de boue, de chaos, de fureur que d’ordinaire. Zeliha Kazanci, chemisier ajusté, minijupe aux couleurs vives, anneau scintillant à la narine, lâche un chapelet de jurons lorsque la vase qui stagnait sous un pavé descellé vient éclabousser et moucheter sa jupe et ses bas de nylon satiné. Elle a 19 ans et se rend chez son gynécologue pour se faire avorter. Rentrée chez elle, Zéliha trouve attablées devant des plats nombreux et savoureux, sa sœur Banu, douze ans et quinze kilos de plus qu’elle, sa cadette Cevriye, professeur d’histoire nationale turque, Feride son aînée hypocondriaque qui vogue d’une maladie liée au stress à l’autre, sa mère Gülsüm, sa grand-mère Petite-Ma qui devient sourde et légèrement démente. Elle leur racontera comment, malgré son désir réel d’avortement, elle est toujours enceinte.

Pas d’hommes dans cette grande maison chaleureuse où les femmes devisent de tout ; les hommes de la famille sont presque tous morts subitement avant d’avoir atteint l’âge de la vieillesse. Pour conjurer cette malédiction Mustafa, le seul garçon de la famille, est parti faire ses études aux Etats-Unis. Là il rencontre et se met en ménage avec Rose, ronde de partout, qui vient de divorcer de Barsam, un arménien à la famille envahissante, unie par un passé traumatisant. Qu’Armanoush la fille qu’elle a eu avec Barsam soit élevée par Mustafa, un Turc, plonge la famille Tchakhmakhchian dans la plus grande fureur.

Les années passent. Lorsqu’elle a vingt-et-un ans Armanoush décide d’aller à Istanbul à la recherche de ses racines arméniennes. Elle deviendra amie avec Asya, la « bâtarde », la fille de Zeliha. Et bien des secrets de famille seront enfin dévoilés…

Une intrigue foisonnante, une palette séduisante de couleurs, de saveurs, d’émotions, de suspens, de drames sans oublier l’humour. Ce roman qui se lit d’une traite sur la quête de l’identité a suscité l’émoi et la fureur de certains milieux turcs pour avoir osé aborder de front la question arménienne.

Librairie La femme renard - Montauban, le 13 novembre 2008