L’atelier d’écriture
Chefdeville
Le dilettante
254 pages
17 €
Chefdeville boit du rhum, essaie de frapper avec un balai les pigeons qui défèquent sur son balcon. Il hait ces volatiles feignants, assistés.
Il a fait le ménage autour de lui. Plus personne n’ose l’appeler pour lui demander où il en est de son spleen, de son mal-être, de sa misanthropie. Il vit du RMI et fait les stages indispensables pour pouvoir le conserver. C’est un écorné de la vie.
Un jour, pour la première fois depuis huit mois, le téléphone sonne. C’est un représentant du Conseil Général, très impressionné par un polar que Chefdeville avait écrit 15 ans auparavant – Juré, craché, sur ton ombre parue dans la Scierie noire - qui lui propose d’animer des ateliers d’écriture dans une classe de 3ème qui accueille des élèves présentant des difficultés notoires, graves, durables ; les élèves ont, pour la plupart, trois bonnes années de retard.
Le voilà parti pour son baptême du feu. Il découvre le climat de guerre larvée qui règne entre les élèves, la classe qui fonctionne avec ses règles et ses codes bien précis, le langage direct mâtiné de verlan et d’expressions imagées.
Plus tard Chefdeville animera un autre atelier sur l’écriture de scénario, puis il obtiendra une résidence d’auteur de 3 mois dans un lycée agricole et enfin aidera des primo-arrivants à monter un spectacle de marionnettes.
C’est une sorte de journal de bord très réaliste, cynique, parfois désespéré, souvent drôle. Une succession de scènes-vérités au ton tragi-comique mais jamais moqueur qui sonnent constamment justes, présentées par une personne étrangère au milieu scolaire dépeint avec une extrême acuité du regard.
À la fois édifiant et dérangeant.
Le Scribe - Montauban, le 29 avril 2009