Juste vant d’écrire
Michel Lunneau
Joca Seria
160 pages
16 €
Il ne faut pas compter sur Michel Luneau pour faire pleurer dans les chaumières. Quel que soit le sujet qu’il aborde, aussi grave soit-il, il ne peut s’empêcher de poser dessus un regard amusé, de traquer le cocasse de la situation. Ses « euphorismes » incisifs l’ont déjà prouvé. Dans ses romans récents, il prend un malin plaisir à chercher les grains de sable qui grippent les rouages des desseins bien arrêtés, des routines de vie qui n’ont pas prévu de dérapages. Dans Avis de passage (Joca Seria), c’était une lettre recommandée impossible à aller chercher qui obligeait à cogiter sur toute une vie, et l’amour et la mort.
Dans Juste avant d’écrire, ce sont toutes sortes de distractions et de tracas qui se liguent pour retarder le moment où l’écrivain se mettra devant sa feuille blanche pour enfin pondre son œuvre.
Il ne se passe rien, ou presque, dans ce roman, que de l’ordinaire en tous genres, et pourtant on y parle de tout : de la gourmandise et de la paresse, des vents et des pluies, des bains et des vins, des chats et des chiens.
On aborde tout ça avec une sagesse débonnaire, une sagesse de matou. Et on se régale, de la finesse du propos comme du bel agencement de la phrase. Car Michel Luneau l’avoue : « Non, je ne suis pas pour la douche écossaise. (...) Il faut savoir terminer une douche ».
Gérard Lambert-Ullmann, librairie Voix au Chapitre.
Voix Au Chapitre - Saint Nazaire, le 19 décembre 2007