Imelda
John Herdman
Quidam
153 pages
Traduit de l’anglais (Ecosse) par Marie Sanconie
15,00 €
Femme mariée sur le point de devenir mère, Janice Moodie, enfant adoptée à qui l’on n’a jamais caché l’identité de ses parents naturels aimerait désormais en savoir un peu plus sur eux, sur son père, Hubert Agnew, qu’elle sait décédé peu avant sa naissance et sur sa mère, Imelda Cranstoun avec qui elle aimerait entrer en contact. Elle adresse alors une lettre en ce sens à l’un des cousins de son père, le Major Rufus G. Agnew, lequel lui apprend que sa mère est morte il y a peu et lui retourne deux courriers dont il avait la possession, deux précieux témoignages de proches parents censés répondre à sa curiosité toute naturelle. Seulement voilà, ces deux récits semblent en tous points se contredire l’un l’autre ! Ce sont deux versions d’une même histoire écrites par deux hommes qui se sont généreusement détestés leur vie durant, deux illustrations déformantes aboutissant - et c’est là le drame - à de nouvelles interrogations concernant la paternité d’Hubert. Est-il vraiment le père de Janice, l’enfant de la belle Imelda ? Imelda est un conte délicieux d’une très grande noirceur qui aborde sans complaisance les penchants humains les plus malsains qu’une jeune demoiselle révèle et attise sans vraiment s’en rendre compte. Et si la cruauté de cette histoire ne nous est point trop douloureuse, cela est essentiellement dû à l’humour féroce avec lequel Herdman maltraite ses personnages et se joue de son lecteur, se plaisant à multiplier les retournements de situation comme pour mieux couper court aux éventuelles hypothèses que celui-ci pourrait émettre quand à l’issue de cette bien triste histoire de famille. Ne prenait pas le risque de vous passer d’Imelda cet été, il y a tellement d’autres romans que vous lirez qui ne vous procurerons pas un aussi grand plaisir de lecture.
François Reynaud
Article initialement paru dans le Magazine Pages des libraires du mois de juin 2006.
Lucioles - Vienne, le 17 décembre 2007