Il y a des nuits entières
Michel Le Bourhis
Seuil
138 pages
10,00 €
Sylvain est en troisième et s’ennuie dans ce collège que ses copains ont quitté pour partir au lycée. Ses copains, et Nathan, débarqué deux ans plus tôt au collège ; Nathan vers qui il s’est senti attiré tout de suite. Pourquoi ? Il est bien incapable de l’expliquer. Michel Le Bourhis nous raconte avec beaucoup de pudeur une histoire d’amour entre deux adolescents qui se cherchent, une histoire de séduction qui passe avant tout par une séduction intellectuelle. Au contact de Nathan, Sylvain va découvrir le jazz, une littérature autre que celle que l’on étudie en classe, s’initier au théâtre et s’essayer à l’écriture. L’efficacité et le charme de ce roman résident principalement dans la forme du récit ; des allers-retours dans la vie de Sylvain pendant les deux années et demies que couvre l’histoire, montrant bien les tâtonnements et les malaises inhérents à l’adolescence, ses relations avec ses parents et sa complicité avec son petit frère (complicité qui apporte humour et légèreté à l’histoire). L’écriture est également très importante, fluide (fluidité que l’on trouvait déjà dans les précédents romans de Michel Le Bourhis et notamment dans Acte II *), riche, qui ne cède en rien à la tendance agaçante chez certains auteurs, qui est de mettre sur le papier « le parler jeunes », insupportable à l’écrit... Tout cela fait de « Il y a des nuits entières », un très sensible et très beau roman pour adolescents, qui se lit d’une traite.
*Michel Le Bourhis Acte II Éditions Thierry Magnier (2001)
« Je redoublerais ma quatrième...À l’époque, je m’en foutais totalement. J’avais vécu cette année-là dans l’ombre et la lumière de Nathan. Le collège m’apparaissait de peu d’intérêt et, hormis en cours de dessin où je continuais à m’investir (de plus en plus, d’ailleurs : Nathan m’avait ouvert les yeux sur le monde étrange de la peinture, m’éclairant sur le style de Gauguin, de Franz Marc, de Balthus), j’avais laissé tomber tout travail. Même en français, je rendais délibérément des copies nulles, quasiment vierges »
Isabelle Réty
Gwalarn - Lannion, le 16 décembre 2007