Rauda Jamis

Frida Kahlo

Babel, Actes Sud
9,50 €
 

Alors que se tient à Bruxelles une exposition de Frida Kahlo, il m’est venu l’envie de plonger dans la biographie de Rauda Jamis, la première parue en France en 1985, et qui a largement contribué à faire redécouvrir l’œuvre et la femme. Car les deux sont intimement entrelacées, Frida ne peignant que dans ses moments de souffrances, physiques ou mentales.

Elle contracte, enfant, la poliomyélite, laissant sa jambe droite meurtrie à jamais. Elle est ensuite victime d’un accident d’autobus d’une rare violence : une barre de fer lui traverse le dos pour ressortir par le sexe. Elle reste ensuite alitée durant deux ans et portera des corsets toute sa vie. Elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Et pourtant, animée par une force vitale extraordinaire, et dotée d’une grande intelligence, elle deviendra « la plus grande peintre du Mexique » dixit son mari, le célèbre Diego Rivera.

Elle l’épouse à 22 ans, son père dira alors que ça avait l’air d’un mariage entre une colombe et un éléphant. S’ensuit une vie où s’alternent mondanités, voyages (aux Etats-Unis et en France), rencontres des plus grands artistes de son temps (Man Ray, André Breton, Pablo Picasso), engagement politique (quinze jours avant de mourir, elle participe encore à une manifestation communiste : « Il faut sacrifier l’individuel à la grandeur de causes plus universelles. En douter serait un crime. Je le crois »), et des amours à la démesure de ses souffrances. Elle peint peu, et toujours en période de crise. Son art, écrit André Breton, est « un ruban autour d’une bombe ».

Arrivée au terme de cette biographie, qui se lit comme un roman, il me reste l’image de cette femme, peignant dans son lit, d’une extrême fragilité et qui produit pourtant une œuvre à la force indéniable.

Livre aux Trésors - Liège (Belgique), le 30 mars 2010