Dans les veines, ce fleuve argent
Dario Franceschini
L’Arpenteur, Gallimard
151 pages
traduit de l’italien par Chantal Moiroud
13 €
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Chapeau le titre !
Rarement roman n’aura aussi bien porté son titre. Toute le force, toute la poésie est ici dite : « dans les veines ce fleuve d’argent ». Une fois tournée la couverture vous êtes comme emporté dans les eaux de ce roman magique et magnifique.
A l’automne de sa vie Primo Bottardi se souvient soudainement d’une question restée sans réponse posée quarante ans auparavant par son ami d’enfance. Dès lors il lui faut résoudre ce problème, comme si toute sa vie désormais en dépendait. Et pour se faire il part de suite à la recherche du questionneur d’autrefois. En remontant le fleuve, le Pô, de rencontre en rencontre, d’histoire en histoire, c’est toute sa vie qu’il va remonter, toute son existence qu’il va comprendre.
Ce roman au réalisme magique est un véritable petit bijou d’écriture. Tantôt drôle, tantôt émouvant, toujours juste et sensible, si « italien » parfois mais tellement universel aussi, ce livre vous séduira par sa force et sa résonnance. Si nous voulions trouver quelques parentés c’est du côté peut être de Dhôtel qu’il nous faut chercher, et de Calvino aussi. Quoiqu’il en soit Dario Franceschini réussit avec ce premier roman un coup de maître. Ce texte court résonnera longtemps dans nos cœurs, comme ces contes d’enfance dont on se souvient, ou alors ces grands romans existentiels qui nous ont transformés. A nous lecteurs de porter loin et haut ce texte. Alors faisons le lire, nous en serons remerciés.
Le Cadran Lunaire - Mâcon, le 1er septembre 2008