Sarah Hall

Comment peindre un homme mort

Bourgois
traduit de l’anglais par Éric Chédaille
25,00 €
 

L’art pour supporter la vie

 Entre l’Angleterre et l’Italie, Comment peindre un homme mort ausculte les âmes de nos semblables et notre rapport à l’art à travers quatre destinées. Obsédant et inspiré.

Quatre existences éloignées de quelques années ou décennies luttent chacune contre un mal sournois.

C’est la voix d’une jeune femme qui tutoie sa propre personne comme on s’interroge ou on s’accuse qui ouvre le récit. Susan, jeune photographe renommée, cherche à se reconstruire après le décès de son frère jumeau. En Ombrie, un peintre de quatre-vingt ans se bat contre la maladie. Peter, peintre et père de Susan et Daniel, des années avant l’accident, commence avec optimisme une nouvelle journée qui sera chaotique.  Annette, ancienne élève du vieux peintre, est une douce fleuriste enfermée par sa cécité qui doit sans cesse s’adapter au monde opaque qui l’entoure.

 Au cœur de l’histoire et du discours haletant de ses personnages, une solide et subtile poésie s’insinue. Ce qui les rapproche n’est que furtivement évoqué pour laisser la place à un lien plus fort encore, le nœud de la passion et du deuil, ainsi qu’une manière d’aborder l’indispensable : l’art, sans lequel l’espoir s’éteint.

On croit commencer un bon livre sans prétention. Mais la virtuosité soudain surprend. Voilà un grand roman, de ceux qui jouent avec vos viscères et qui vous donnent envie de le relire dans la foulée.

Lucioles - Vienne, le 20 janvier 2010