Littérature étrangère
Comme des loups (The Englishman’s Boy)

Guy Vanderhaeghe
Albin Michel
Traduit de l’anglais (Canada) par Michel Lederer 400 pages
21,50 €

1873. Un bateau remonte le Mississippi avec à son bord un anglais et son serviteur qui passe son temps à nettoyer les armes magnifiques de son maître. Un garçon de 17 ans au visage émacié et au teint cadavérique propres aux enfants de paysans pauvres. Ses yeux couleur anthracite parlent pour lui. N’espérez aucune pitié, disent-ils. Et n’en accordez aucune. Il faudra 32 jours au « Yankton » pour arriver à Fort Benton où depuis trois semaines, en raison du siège hivernal, il n’y a plus ni tabac, ni farine, ni mélasse, ni bacon et où le verre d’un médiocre whisky coupé d’eau se vend un dollar. L’Anglais malade y meurt le troisième soir. Le garçon enfile la veste et le chapeau du mort. Il n’a nulle part où aller. Il se joindra à des trappeurs, chasseurs de loups, qui massacrent allégrement des Indiens qu’ils accusent à tort d’avoir voler leurs chevaux.

À Hollywood, en 1923, Damon Ira Chance, patron mégalomane d’un grand studio de cinéma, « Best Chance Pictures », convoque un jeune homme ordinaire, très banal, grand nez et grandes oreilles, affligé d’une claudication qui travaille au département scénario du studio. C’est Harry Vincent, le narrateur. Mr Chance veut, dans la lignée de Griffith, faire des films « américains » enracinés dans l’histoire et l’expérience de l’Amérique. Fervent de Bergson, il croît à l’intuition, cette intuition qui lui permet de deviner en Harry un « potentiel ». Il propose, ou plutôt impose, à Harry de retrouver un certain Shorty McAdoo qui aurait été témoin du massacre d’Indiens commis par les chasseurs de loups cinquante ans auparavant et d’écrire un scénario à partir de son récit. Comme des loups est le second volet d’une trilogie commencée avec La dernière traversée dans lequel deux frères anglais Charles, peintre raté, et Addington, officier lui aussi raté, partaient pour une longue aventure dans le lointain Montana à la recherche de leur frère Simon.

Comme des loups est une fiction épique puissante qui réunit l’Ouest de la Conquête et le Hollywood des années trente, une épopée tumultueuse, un roman ample, dense, riche en rebondissements, fort bien construit et écrit où les hommes et les idées s’affrontent violemment. n.b. Comme des loups a obtenu le Prix du Gouverneur Général du Canada et a, depuis, été traduit en quinze langues. Encore un excellent titre de « Terres d’Amérique », cette belle collection dirigée par Francis Geffard, qui publie à la fois de nouveaux talents et des auteurs confirmés.

Le Scribe - Montauban, le 16 avril 2008

L’histoire incroyable d’un crâne
Giuseppe Bonaviri
Le fil d’une vie
Goliarda SAPIENZA
La vie rêvée de Sukhanov
Grushin, Olga
L’escadron guillotine
Guillermo Arriaga
Comme des loups (The Englishman’s Boy)
Guy Vanderhaeghe
Kafka sur le rivage
Haruki Murakami
Imelda
Herdman, John
Samedi
Ian McEwan
Trois mois de fièvre
Indiana, Gary
Auprès de moi toujours
Ishiguro, Kazuo