Bon vent
Pascal Morin
Éditions du Rouergue
14,00 €
Ils sont cinq à participer à ce stage de parapente du Club des Aigles : Serge un habitué des lieux et Jean-Louis, tous deux parapentistes confirmés, et trois débutants, Paul le narrateur, Frédéric, et Vincent le fils de Jean-Louis. Ils vont cohabiter du 15 au 27 septembre dans une ancienne caserne Le premier matin Serge leur apprend qu’un homme est mort la veille sur la Montagne-Rouge, le troisième accident depuis le début de la saison. Viennent les premières leçons, les premiers essais : on fait quelques pas sur la pente, on caresse le flanc ensoleillé de la montagne, et d’un pas de plus on s’envole, l’arc de cercle de la voile flotte au-dessus de soi, on ne touche terre que tous les dix mètres, en douceur, un peu comme si on avait chaussé des bottes de sept lieues. Paul, journaliste enquêtant sur les sports extrêmes, ne s’attendait pas à éprouver un tel plaisir. Très vite il apparaît que Paul, tout comme ses compagnons, s’invente un personnage. Personne ne vient ici pour faire du sport dit Serge qui ajoute : chacun d’entre nous a une bonne raison, une raison solide, qu’il tait (...) Nous cherchons tous à échapper à quelque chose. Qu’est ce qui les a poussés à venir ici ? Paul reste hanté par Suzanne, cheveux rouges et yeux gris, qui l’année dernière encore était auprès de lui. Jean-Louis insiste pour que Vincent son fils prenne des risques alors que celui-ci ne veut plus voler ; ça lui fait trop peur. Serge et Frédéric cherchent dans le vol à oublier leurs dérives passées. Dans le village proche Agathe et sa mère attendent l’autorisation de faire rapatrier le corps de l’homme mort sur la Montagne-Rouge... Un beau roman, sensible, sur la rédemption, la volonté de s’en sortir, fort bien écrit par Pascal Morin qui enseigne les lettres en banlieue parisienne et le cinéma à la New York University à Paris.
Jacques Griffault
Le Scribe - Montauban, le 15 décembre 2007