Bangkok 8
John Burdett
10/18
419 pages
Traduit de l’anglais par Thierry Piélat.
8,50 €
Exotisme garanti. Jugez-en plutôt : le narrateur est l’inspecteur Sonchaï Jitpleecheep, métis, fruit d’un amour entre un G.I. américain et une fille des bars thaïs. Sonchaï est inspiré par Bouddha et refuse toute corruption. Il est le flic intègre de son district - chaque district doit en avoir au moins un... - mi-moine, mi-flic qui, en prime, parle parfaitement anglais. Au cours de l’enquête sur la mort de William Bradley, un sergent afro-américain des "marines" attaché à l’ambassade, qui a succombé aux morsures de Naja siamensis, le plus magnifique des cobras locaux, Pichaï, le collègue de Sonchaï, incorruptible comme lui, sera tué et Sonchaï n’aura de cesse de le venger. Il devra collaborer avec le FBI représenté par l’agent spécial Kimberly Jones, une jolie silhouette, un peu maigre - elle doit faire trop de sport - mais sans connaissance du thaï ni de Krung Thep (Bangkok). Bradley, 47 ans, à un an de la retraite, était à Bangkok depuis 5 ans, période bien supérieure à la normale, et semblait s’être bien adapté. Sonchaï découvrira, entre autres, qu’il s’était pris de passion pour le jade. Le décor de l’enquête ? Les quartiers chauds de Bangkok, des filles de joie, des épaves crackées, des ex-Kmers rouges dealers d’amphés, et la corruption quasi universelle. Ce qui fait tout l’attrait de ce polar c’est qu’il nous est raconté par Sonchaï qui n’hésite pas - trop - à prendre quelques libertés avec l’ascétisme kharmique en ne renonçant pas aux paradis artificiels ni aux tentations de la chair. Et comme le rythme est vif et rapide, cela fait un polar original, tout à fait séduisant. Avec en prime un guide des quartiers chauds de Bangkok...
Jacques Griffault
Le Scribe - Montauban, le 18 décembre 2007