Antoine Piazza

Vendredi 24 Février 2012 - 18h30
Le Cadran Lunaire - Mâcon
 

 

Vendredi 24 février à la librairie à 18h30
 
Rencontre avec Antoine Piazza pour son roman
 
" Le chiffre des sœurs" paru aux éditions le Rouergue.
 
Roman vrai, saga familiale des quatre tantes de l’auteur, traversée du siècle d’un quatuor féminin font de ce récit un pur moment de bonheur, une jubilation de lecture. Un véritable diamant à l’état brut.
 
 Il suffit aujourd’hui qu’un auteur qui écrive bien, d’une phrase ample, d’un langage ciselé, pour qu’on le traite de « proustien ». Sans savoir d’ailleurs si c’est plus un compliment où une façon d’effrayer le lecteur. Peut être vaudrait il mieux aller voir du côté d’un Balzac, d’un Pierre Bergounioux ou d’un Richard Millet (chez les contemporains) pour qualifier l’écriture d’Antoine Piazza. Qu’importe d’ailleurs. De livre en livre, de récit en récit Piazza impose sa propre voix, son propre style. « Le chiffre des sœurs » est de ces petits bijoux de littérature qui laissent le lecteur admiratif, comblé par tant de virtuosité de la langue, embarqué par les mots si bien agencés, maitrisés, pour un pur et grand moment de lecture. Nous pourrions presque dire qu’importe le récit, ce qu’il nous raconte, tant la découverte du texte en est jubilatoire. Et pourtant non. La parfaite adéquation de la forme et du fond contribue évidement à la réussite totale de ce livre. Il fallait bien ce style pour dire au mieux, au plus juste cette histoire familiale (celle de l’auteur), le récit de vie de ces quatre sœurs, quatre A comme Annabelle, Angèle, Alice et Armelle, quatre femmes nées avec le siècle, descendantes et héritières d’une famille de la petite bourgeoisie provinciale de Mazamet ( Maillac dans le livre) ville industrieuse du sud ouest dela France.Etcomme toute histoire familiale propre à chacun bien vite nous nous apercevons qu’elle est finalement assez commune et révélatrice de la grande Histoire qui a faitla Francede ce vingtième siècle. La prouesse d’Antoine Piazza est d’avoir su la magnifier, la rendre tantôt drôle et cocasse, parfois plus tragique mais toujours ô combien vivante et passionnante. Et surtout, surtout, j’y reviens encore, servit par une langue magnifique d’orfèvre des mots.
 
Jean-Marc Brunier
 
Chronique Initiales : Les ronces d’Antoine Piazza